20/06/2009 13:53

Les Myrtilles

 HISTORIQUE :

Originaire d'Amérique du Nord, la myrtille cultivée (vaccinium corymbosum) est le fruit des Amérindiens. Parce que sa fleur forme une étoile à cinq branches,
ceux-ci pensaient que la myrtille était envoyée par le « Grand Esprit » afin de calmer la faim de leurs enfants en période de disette. Ils la séchaient pour la consommer toute l’année et fabriquaient un thé avec ses racines. Les premiers colons américains recommandaient aussi ce thé pour « relaxer » les femmes enceintes lors de l’accouchement ! Et ils buvaient du jus de myrtille pour se soigner de la toux.
Les premières cultures en Amérique du Nord sont réalisées vers 1920. Son introduction en Europe (Allemagne) date de 1934. En France, après quelques essais, c'est à partir de 1985 que se développe la culture.

CULTURE :
La myrtille cultivée se caractérise par des baies rondes et bleues, d’environ 16 mm de diamètre. Sa chair est blanche, au goût agréablement acidulé, et elle ne tâche pas ! La myrtille sauvage présente en revanche des baies noires, beaucoup plus petites. Sa chair est très colorée au parfum plus marqué. Aujourd’hui, la plupart des myrtilles commercialisées en France sont cultivées. On peut trouver occasionnellement des myrtilles sauvages sur les marchés en été.
 
La cousine d’Amérique :
 La myrtille cultivée est encore appelée myrtille arbustive car elle pousse sur des arbustes qui peuvent atteindre jusqu’à 2 mètres de hauteur au stade adulte.
Les botanistes la nomment Vaccinium corymbosum : les fruits poussent par petites grappes ; ce sont les corymbes. La myrtille cultivée provient d’Amérique du
Nord. Les amérindiens cueillaient des myrtilles arbustives sauvages pour les incorporer dans leurs mets. C’est au début du 19è siècle que le botaniste américain
Frédéric Coville a sélectionné ces myrtilles pour créer des variétés plus faciles à cultiver.
 
La myrtille cultivée est en réalité une très proche cousine de la myrtille sauvage (Vaccinium myrtillus) que l’on trouve en France dans les massifs montagneux des Vosges, du Massif central et des Cévennes. Toutes deux appartiennent à la grande famille des bruyères, les éricacées fruitières.

Vous venez d'acheter un ou plusieurs plants de myrtilliers arbustifs, cet arbuste a besoin de lumière, d'un terrain acide, bien drainé pendant l'hiver surtout et arrosé régulièrement pendant l'été. Suivez bien ces conseils pour les voir grandir. 
1° Un terrain acide 
Comme pour des azalées, rhododendron ou hortensia qui sont aussi des plantes de terre de bruyère vous devez planter dans un sol acide naturellement ou artificiellement. Pour cela mélangez de la véritable terre de bruyère, de la tourbe et de la terre dans un trou suffisamment grand (en fonction du pot ou du système racinaire). Assurez-vous que le drainage est parfait, pas d'eau stagnante pendant l'hiver. Evitez un endroit gélif (au printemps) ou trop ombragé. Un terrain calcaire ne convient pas, les feuilles jaunissent et tombent car la plante ne peut absorber le fer.
2° Humidité du sol
Les Myrtilliers exigent une humidité suffisante mais ne supportent pas un mauvais drainage du sol. Les racines meurent en quelques jours dans un sol gorgé d'eau pendant la période végétative. En été, un système d'arrosage doit être prévu pour tout le sud de l'Europe (sud de la Loire en France). Un mulch d'écorce ou d'aiguilles de pins est profitable et permet d'espacer les arrosages, ou de partir en vacances...
3° Sol
Les racines des myrtilliers sont très nombreuses, fines et uniformes. Pour qu'elles puissent se développer dans de bonnes conditions, il faut un sol léger et poreux. Les racines ne peuvent pas pénétrer dans un sol compact. Un sol sableux, bien drainé, avec un fort pourcentage de matières organiques favorise la croissance des plantes et la pénétration des racines dans le sol. Si vous avez fait un mulch au pied des myrtilliers il faudra éviter de travailler le sol trop profondément car les racines sont en surface.
4° Climat
Les myrtilliers demandent une bonne luminosité et, contrairement à nos types adaptés à la vie des sous-bois ou des landes des pays nordiques, ils demandent le plein ensoleillement. Ils résistent à des températures hivernales très basses -20°C. Au cours de la floraison, les fleurs supportent des températures de -5°C sans conséquence grave. Par contre, ces plantes craignent la sécheresse en été et les vents desséchants.
5° Variétés
De nombreuses variétés existent sur le marché. Choisissez des variétés pour amateurs qui donnent de bons fruits et qui s'adaptent facilement à des terrains différents. Demandez conseil aux spécialistes. Le myrtillier est fertile, un pied seul peut donc donner des fruits.

 Mais que savons nous de cette airelle bleu-violacé ? Qu’elle pousse sur un myrtillier, que son goût  est doux et juste ce qu’il faut de sucré, que les tartes et la confiture en sont les destinations premières, et après ?
 
On les appelle aussi des Brimbelles dans l’est de la France et des Ahabia au Pays Basque (pas sûr de l’orthographe). En pays d’Oc, chez-nous, il y a autant de noms que de Gaves et vallées, de garigues et de landes : Abagnoû, Abaniu, Anabious, Auju, Ajoasse, Ayoasse, Airadech Ujoère.
Heureusement que nous avons nos cousines et cousins du Québec avec leur Bleuet, et quelques villages du vieux continent qui y ont mis un peu de couleur, Airelle noire, Ambreselle, Raisin des bois, Cousine, Gueule-noire, Raisin de bruyère.
La poésie, quoi !
Il y a, aussi, ceux qui ont oublié le coté plaisir et simplement gastronomique de la Myrtille, qui ont cherché à lui donner un coté intellectuel en l’affublant d’un « Vaccinium myrtillus » pharmaceutique.
Cérébral !
Puisque nous parlons de gastronomie, il n’y a pas que les tartes et les confitures. Il y a aussi le courage, celui qui lève toute les barrières et qui laisse libre cours à l’imagination culinaire.
Palpitant non !
Remplacer la moutarde par une petite purée, chaude, de myrtilles, pour accompagner le poulet et autre volailles et les viandes blanches.
Créatif !
Que dire, en entrée, d’une salade verte effilée et légèrement assaisonnée, avec quelques dés de blancs de poulet (chaud ou froid) et une poignée de Myrtilles.
Imaginatif !
Nous pourrions aussi parler des bienfaits thérapeutiques de la Myrtille, comme pour les problèmes oculaires de la cataracte, mais aussi la capacité de cette airelle à restaurer la mémoire chez……les rats âgés.
Espoir !
Malheureusement nous n’en connaissons pas la posologie. Même dans le ‘‘VIDAL’’, le gros livre rouge du docteur, la Myrtille n’y est pas répertoriée.
Dommage !
 
Adishatz,
Les APAP
 
PS : Nous avons oublié la recette de la petite purée de Myrtilles ;
Lavez et égouttez 300gr de myrtilles.
Faites cuire à feu vif avec 50gr de sucre et un grand verre d'eau.
Au bout de quelques minutes, laissez cuire à feu doux en remuant régulièrement jusqu'à l'obtention d'une purée. Servir chaud.
Et pour faire plaisir à nos vignerons et atteindre l’extase des sens, accompagnez votre volaille aux myrtilles d’un verre de Jurançon moelleux, point trop n’en faut.


 
 
 

 
 
 

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