16/02/2009 19:24

SEMENCES IRRADIEES ET IRRADIATION DES ALIMENTS

*SEMENCES IRRADIEES ET IRRADIATION DES ALIMENTS*

Biocontact, n°188, février 2009

L'irradiation des aliments vient s'ajouter à une longue liste de technologies destinées à la conservation des aliments : appertisation
(stérilisation par la chaleur dans des contenants hermétiques), congélation, surgélation, pasteurisation et traitement UHT.. Ici, un
rayonnement ionisant inférieur à 10 kGray (dose absorbée moyenne) est projeté sur les aliments afin d'éradiquer germes, champignons, oufs
d'insectes et parasites. Néanmoins, cette dose ne permet pas d'éliminer toutes les bactéries, ni les toxines, ni les virus, ni le prion. Les
aliments n'en sortent pas radioactifs, mais de nouvelles molécules éventuellement génotoxiques, cytotoxiques et cancérigènes sont générées.
De plus, la toxicité de ces produits de radiolyse n'a été que très peu étudiée, au mépris du principe de précaution.

Les produits principalement concernés en France sont les épices, les plantes aromatiques, les oignons, les aux, les légumes et fruits secs,
germes de céréales, gomme arabique, farine de riz, volaille, cuisses de grenouilles congelées, sang séché et plasma, crevettes, caséïne,
caséïnates, ovalbumine.

La finalité de cette technologie est en fait de prolonger artificiellement la durée de conservation des denrées en vue de leur
exportation des pays du Sud vers les pays occidentaux, gros consommateurs. Cette politique agro-industrielle, marquée par
l'hygiénisme nord américain, entérine de fait le commerce d'une alimentation mondialisée et de plus en plus aseptisée.

Mais les partisans des technologies de l'atome vont encore plus loin dans leur volonté de contrôler la nature et l'évolution. Pour répondre à
la crise alimentaire, l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) propose de modifier le patrimoine génétique des cultures de produits alimentaires par la technique ditede
« mutation incitée par irradiation ». Défendant ardemment depuis 50 ans les « bienfaits » de l'atome, l'AIEA s'est employée à bombarder des
semences de riz, de blé., par des radiations ou des toxiques chimiques, pour développer des variétés qui seraient plus résistantes aux aléas
climatiques. Affirmant que cette technique est « propre et saine » (AIEA, agence Reuters, Vienne 02/12/2008) car les semences ne sont pas
radioactives, et qu'en comparaison avec la technique de la transgénèse (les Organismes Génétiquement Modifiés), elles ne reçoivent pas de gène
étranger, ces chercheurs modifient en fait de manière irréversible et totalement aléatoire le génome de l'espèce irradiée. Une telle variété
irradiée de plante est donc, exactement comme un Organisme génétiquement modifié, une chimère génétique, dont les conséquences éventuelles sur la
santé humaine (allergies, cancerogénèse, mutations du génome humain.) sont totalement inconnues.

Les mutations existent dans la nature : soumises à un stress climatique par exemple, les plantes adaptent leur génome, mutent ou expriment
d'autres gènes qui étaient en sommeil. Dans le cas de l'irradiation, ces mutations sont provoquées au petit bonheur la chance, sur un intervalle
de temps infiniment plus court, comme pour les OGM. Affirmer que « cette mutation induite ne fait qu'accélérer le processus naturel de
modifications spontanées qui surviennent dans les plantes » (AIEA, agence Reuters, Vienne 02/12/2008) fait totalement abstraction du fait
que nous savons dans la réalité que peu de choses sur ce processus naturel. En effet, pour prendre l'exemple du génome humain, seuls *2 %*
de notre patrimoine génétique sont codants pour la synthèse des protéines, alors que nous ne connaissons pas à ce jour le rôle des 98
autres %, constitués de séquences répétitives. La connaissance dugénome n'en est qu'à ses balbutiements. Autant dire que nous jouons, une fois
de plus, aux apprentis sorciers.

La FAO, associée à ce projet avec l'AIEA depuis la création de leur Division mixte en 1964, indique que son but est désintéressé et ne vise
qu'à développer un commerce plus équitable, afin de venir en aideaux paysans les plus démunis pour leur permettre de vivre décemment (Agence
Reuters : « La science nucléaire au service de la sécurité alimentaire : l'AIEA dit que les semences irradiées pourraient atténuer les effets de
la crise alimentaire », Vienne, 2 décembre 2008).

Mais, en réalité, le droit de tous à la terre, à une alimentation suffisante et à la santé, ne passera-t-il pas plus simplement par un
partage équitable des ressources et des richesses ?


Thierry FOLLIARD* (Naturopathe et ingénieur énergie-environnement) co-animateur au Collectif Français contre l'Irradiation des Aliments


``Le Collectif français contre l'irradiation des aliments demande l'application du principe de précaution et souhaite l'interdiction de
cette pratique. Il interpelle les institutions, les politiques et les entreprises et mène des campagnes de sensibilisation auprès de l'opinion
publique. Il invite les consommateurs et citoyens à signer la pétition contre l'irradiation des aliments et à rester vigilants dans leurs
achats, en questionnant les producteurs, commerçants et restaurateurs, et en privilégiant les producteurs locaux, de l'agriculture paysanne ou
biologique. En mai 2008, le Collectif a publié aux éditions Golias un ouvrage collectif /Aliments irradiés : atome, malbouffe et
mondialisation /. http://www.irradiation-aliments.org 40 rue de Malte - 75011 Paris ;
T/F : +33 (0)1 48 05 86 81 - info@irradiation-aliments.org

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